Les principaux apports du mentorat, par Laurent Gamet

Doyen de la Faculté de droit Paris-Est Créteil, Président de la section Droit social de la Société de Législation Comparée, avocat associé fondateur du cabinet FACTORHY Avocats et spécialiste en droit social, Maître Laurent Gamet vous délivre son expérience en matière de mentorat.

1. Comment définissez-vous le mentorat ?

Le mentorat consiste, pour un professionnel aguerri, à échanger avec un étudiant sur son métier, son expérience, à lui prodiguer des conseils, à répondre à ses questions etc.

2. Quelles sont les qualités d’un bon mentor ?

Il doit être à l’écoute des besoins du mentoré : que celui-ci ai besoin d’être objectivement conseillé, rassuré etc. Il doit avoir l’envie de transmettre son expérience mais également d’aider, tout simplement.

3. Pouvez-vous nommer les bienfaits principaux de cette pratique, pour le mentor comme pour le mentoré ?

Le mentor peut se sentir utile en aidant un plus jeune, notamment car il a été à sa place et comprend donc, au moins en partie, ce par quoi celui-ci est en train de passer. Il y a un âge où l’on a souvent envie de partager son expérience, de transmettre. Le mentoré bénéficie de conseils qui pourront lui être directement utiles. Il bénéficie de l’expérience d’un autre, pour éviter les écueils que son mentor a su, ou non, éviter.

4. Cette expérience est davantage développée dans d’autres pays comme le Canada ou l’Allemagne. Quels sont selon-vous les freins à son expansion auprès des étudiants français ?

Le mentorat n’était peut-être pas institutionnalisé comme il l’est aujourd’hui, mais il existait. Pour ma part, quand j’étais étudiant, j’ai toujours pris soin de rencontrer des personnes plus expérimentées, pour leur expliquer mes projets, mes doutes, mes espoirs et recueillir leur avis. Et il y a toujours eu des professionnels expérimentés à l’écoute des plus jeunes. Enfant, nous écoutions les adultes parler, c’était instructif ! Ce qui est nouveau, c’est que tout ceci est aujourd’hui organisé, notamment dans le cadre des facultés.

5. Selon vous, pourrait-il être nécessaire de commencer des actions de mentorat dès le collège, lycée voire la primaire ? Dans la positive, pourquoi ?

Ces rencontres précoces permettent de donner à voir une réalité souvent ignorée. Elles peuvent susciter l’intérêt, voire des vocations. Je n’y vois que des avantages et aucun inconvénient. Peut-être cependant, la réalité des métiers pourrait-elle être trop abstraite si l’on parle à un public trop jeune.

6. Au regard de votre expérience, quels sont les principaux besoins exprimés par les étudiants se tournant vers cette relation humaine ?

Surtout, être rassuré. C’est effarant de voir combien les étudiants doutent d’eux-mêmes. Au-delà, effectivement, le mentorat permet d’aider à faire des choix et ouvre un réseau que l’étudiant n’a pas nécessairement.

7. Est-ce que cet accompagnement constitue une charge trop importante dans la vie professionnelle du mentor, notamment dans le cadre de professions sous tension telles que les magistrats ou les avocats ?

Non, on peut toujours trouver du temps ! A mon sens, un rendez-vous de temps à autre, à l’occasion d’un déjeuner ou d’un dîner par exemple, est tout à fait conciliable avec un emploi du temps pourtant très chargé.

Témoignage de Laurent Gamet, Professeur des universités, Doyen de la Faculté de droit de l’Université Paris XII, avocat au Barreau de Paris

Publié par Juristes D'avenir

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