Le mentorat vu par Maxime Diot

Titulaire d’un Master II en Propriété intellectuelle et valorisation des biens de l’Université de Strasbourg, et après avoir été notamment directeur juridique de l’Institut Pasteur de Lille, Maxime Diot est actuellement PDG de la plateforme StarkAge Longevity. Convaincu que « le mentorat est une aventure merveilleuse », il a réussi à mettre en place un partenariat avec l’Université catholique de Lille et l’association des Juristes d’Entreprise dont il a été le Délégué régional des Hauts-de-France.

1. Qu’est ce que le mentorat selon vous ?

C’est un partage d’expériences réciproques ! C’est cultiver la bienveillance, la performance et l’excellence.

Il ne faut pas que les rapports entre un mentoré et un mentor soient descendants. C’est une passation de relais, de témoins.

Le mentoré est là pour absorber mais il peut également aller challenger le mentor. Mentorer quelqu’un, c’est savoir se remettre en question.

Le mentorat peut se faire également par le biais des associations nationales comme l’AFJE. C’est ça qui est génial ! Le mentorat peut se faire à tout moment et c’est pour tout le monde. Il peut se faire toutes générations confondues et interprofessions. En effet, il ne faut pas réduire le mentorat à un seul domaine. C’est vrai, le droit est un outil mais il faut savoir s’ouvrir à d’autres domaines (marketing, stratégie, communication…). Il faut avoir une vision polyprismique et utiliser le juridique en le confrontant à d’autres spectres.

2. Quels sont les apports pour le mentor et le mentoré ?

On apprend par les pairs et par les professionnels qui apprennent eux-mêmes par les autres. C’est toujours bon les échanges entre générations.

Pour le mentor, on rencontre les étudiants, on échange.  J’aime prendre le temps de discuter avec des étudiants. On apprend toujours des plus jeunes. Après, il ne faut pas se mentir, c’est aussi une manière de percevoir les étudiants qui nous intéressent, avec qui on pourrait collaborer dans l’avenir.

Mais, c’est un lien qui va bien au-delà de ça ! J’ai toujours des liens avec les personnes que j’ai mentoré. Nous échangeons encore sur les questions qu’ils se posent. C’est tellement gratifiant de les voir évoluer.

3. Comment peut-on envisager le mentorat en faculté ?

Le mentorat peut tout d’abord être individuel. On accompagne le mentoré sur un an ou plus, on est sur du « one to one ». On peut se confier et c’est top ! On peut se dire des choses privilégiées. On est presque sur du coaching.

Le mentorat collectif, c’est prendre un groupe d’une vingtaine de personnes et s’installer de manière détendue à la manière du « Cercle des poètes disparus ». Là, il est possible de parler librement sans questions tabou.

A Lille, nous avons créé un dispositif de mentorat où des étudiants de Master 1 et 2 ont reçu l’appui de juristes d’entreprise de l’AFJE. Nous avons ainsi créé une relation de soutien entre d’une part, un juriste et un étudiant de Master 2, et d’autre part, entre ce même étudiant de Master 2 et un étudiant de Master 1 dont il sera le mentor. Lorsque l’étudiant de Master 2 aura son diplôme, il intégrera l’AFJE tandis que l’étudiant de Master 1 devenu Master 2, accompagnera un nouveau Master 1.

4. Le mentorat est un système davantage développé dans d’autres pays comme le Canada ou l’Allemagne. Vous avez étudié au Royaume-Uni, est-ce un système développé Outre-Manche ?

Au Royaume-Uni, ils fonctionnent par Societys. Ce sont des associations d’étudiants dont les groupes ont vocation à créer du lien entre les étudiants.

On se rapproche un peu des sororités présentes aux Etats-Unis. Toutefois, ces dernières peuvent avoir des effets négatifs notamment lorsqu’elles laissent transparaître un système castique.

5. A votre avis, quels sont les freins à son expansion auprès des étudiants en France ? 

La France est un pays où on manque de bienveillance. Le mentorat, c’est accepter de se livrer et c’est accepter de livrer ses échecs. C’est avouer ses vulnérabilités car l’échec contient plus d’éléments d’apprentissage que les réussites.

Par ailleurs, dans le milieu du droit, on considère bien souvent qu’on n’a le temps de rien alors que le temps, c’est quelque chose qui se prend et c’est un temps de construction. On construit un réseau et des relations qui ont vocation à être pérennes.

6. Selon vous, dans quels domaines les étudiants ont-ils le plus besoin d’être accompagnés  (CV, orientation professionnelle, réseau) ?

Ça dépend ! C’est très « intuitu personae », c’est pour ça que le mentorat individuel est intéressant.

7. Pensez-vous qu’il est possible de mentorer plusieurs personnes ou bien est-il plus judicieux de ne prendre qu’une seule personne ?

Tout dépend encore une fois des personnes et des besoins. En ce qui me concerne, j’utilise la méthode MBTI Profil qui permet de savoir quel est le profil de la personne. En fonction du résultat, je peux adapter mon discours. Par exemple, je vais davantage chercher à arrondir les angles avec quelqu’un qui est dans le feeling.

Propos recueillis par Caroline TORTERAT

Publié par Juristes D'avenir

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