Vous prévoyez de vous installer en Espagne ? Vous vous demandez comment fonctionne le système fiscal espagnol ? C’est normal de se poser des questions sur les impôts à payer, surtout quand on est étranger.
Ce guide complet et simple vous explique tout sur les impôts en Espagne pour 2026. Vous saurez exactement ce que vous devez déclarer et payer, que vous soyez salarié, retraité ou investisseur.
La question clé avant tout : êtes-vous résident fiscal en Espagne ?
Avant de parler d’impôts, il y a une seule question qui compte vraiment : êtes-vous considéré comme résident fiscal en Espagne ? Votre réponse change tout. Ce n’est pas vous qui choisissez, ce sont des règles précises qui le déterminent.
Vous êtes résident fiscal espagnol si vous remplissez au moins une de ces trois conditions :
- Vous passez plus de 183 jours par an en Espagne. C’est le critère le plus simple. Le fisc espagnol compte chaque jour de présence sur le territoire.
- Le centre de vos intérêts économiques est en Espagne. En clair, si votre principale source de revenus (votre travail, votre entreprise) se trouve en Espagne, vous êtes résident fiscal ici.
- Votre conjoint (non séparé) ou vos enfants mineurs habitent en Espagne. C’est une présomption de résidence, même si vous vivez ailleurs.
Attention : une seule de ces conditions suffit pour être considéré comme résident fiscal. L’année fiscale en Espagne correspond à l’année civile, du 1er janvier au 31 décembre. Si vous arrivez en cours d’année, c’est le nombre de jours de présence qui sera déterminant.
Si vous êtes résident fiscal, vous payez des impôts sur tous vos revenus mondiaux. Si vous n’êtes pas résident fiscal, vous payez des impôts uniquement sur vos revenus de source espagnole.
Vue d’ensemble : le tableau récapitulatif des principaux impôts espagnols
Le système fiscal espagnol peut sembler compliqué. Pour y voir clair rapidement, voici un tableau récapitulatif des principaux impôts que vous pourriez avoir à payer en Espagne.
| Impôt | Acronyme | Qui est concerné ? | Base imposable (ce qui est taxé) |
|---|---|---|---|
| Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques | IRPF | Résidents fiscaux | L’ensemble de vos revenus mondiaux (salaires, retraites, loyers, etc.) |
| Impôt sur le Revenu des Non-Résidents | IRNR | Non-résidents | Uniquement les revenus gagnés en Espagne (loyer d’un bien, etc.) |
| Impôt sur la Fortune | IP | Résidents et non-résidents | Votre patrimoine net total (mondial pour les résidents, espagnol pour les autres) au-delà d’un certain seuil. |
| Impôt sur les Successions et Donations | ISD | Celui qui reçoit l’héritage ou le don | La valeur des biens que vous recevez. Le taux varie beaucoup selon la région. |
| Impôts sur l’achat immobilier | TVA / ITP | Celui qui achète un bien immobilier | Le prix d’achat d’un bien (TVA pour le neuf, ITP pour l’ancien). |
L’impôt sur le revenu (IRPF) : pour les résidents fiscaux
L’IRPF (Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas) est l’impôt sur le revenu principal en Espagne. Si vous êtes résident fiscal, c’est celui qui vous concerne le plus. Il est prélevé sur l’ensemble de vos revenus mondiaux.
Cela veut dire que même si vous touchez des loyers d’un appartement en France ou des dividendes d’une société en Belgique, vous devez les déclarer en Espagne. Ne vous inquiétez pas, il existe des conventions pour éviter la double imposition.
Les revenus concernés par l’IRPF sont nombreux :
- Les salaires et traitements de votre travail.
- Les pensions de retraite (sauf exceptions).
- Les revenus immobiliers (loyers perçus).
- Les revenus du capital (intérêts, dividendes).
- Les gains de patrimoine (plus-values sur la vente d’actions ou d’immobilier).
- Les revenus d’activités économiques (si vous êtes indépendant).
L’IRPF est un impôt progressif. Plus vous gagnez, plus le taux d’imposition est élevé. Il fonctionne par tranches. Voici les tranches nationales pour l’impôt sur le revenu (à noter que chaque communauté autonome ajoute sa propre part, ce qui peut faire varier le total).
- Jusqu’à 12 450 € : 19%
- De 12 450 € à 20 200 € : 24%
- De 20 200 € à 35 200 € : 30%
- De 35 200 € à 60 000 € : 37%
- De 60 000 € à 300 000 € : 45%
- Plus de 300 000 € : 47%
Pour estimer le montant de votre impôt, vous pouvez utiliser le simulateur officiel de l’Agencia Tributaria. C’est l’administration fiscale espagnole. Cela vous donnera une bonne idée de ce que vous devrez payer.
Heureusement, il existe des déductions fiscales pour réduire votre base imposable. Les plus courantes concernent le minimum personnel et familial, les enfants à charge, ou encore certains investissements. Si vous êtes salarié, votre employeur prélève chaque mois l’impôt directement sur votre salaire. C’est le prélèvement à la source (« retención »).
L’impôt sur le revenu des non-résidents (IRNR)
Si vous n’êtes pas résident fiscal en Espagne mais que vous y gagnez de l’argent, vous ne payez pas l’IRPF. À la place, vous êtes soumis à l’IRNR (Impuesto sobre la Renta de No Residentes).
Cet impôt s’applique uniquement sur les revenus de source espagnole. Par exemple :
- Les loyers d’un appartement que vous possédez à Madrid.
- Les intérêts d’un compte bancaire espagnol.
- Les bénéfices réalisés en vendant un bien immobilier en Espagne.
La grande différence avec l’IRPF, c’est que l’IRNR n’est pas progressif. C’est un taux fixe. En général, ce taux est de :
- 24% pour la plupart des revenus (loyers, par exemple).
- 19% pour les résidents d’un autre pays de l’Union Européenne, de l’Islande ou de la Norvège.
Le système de l’IRNR est plus simple. En contrepartie, il y a très peu de déductions possibles. Vous payez l’impôt sur le montant brut ou quasi brut de vos revenus espagnols. Chaque opération ou revenu doit faire l’objet d’une déclaration spécifique.
Les autres impôts importants à connaître en 2026
En dehors de l’impôt sur le revenu, d’autres taxes peuvent vous concerner. Voici les plus importantes.
L’impôt sur la fortune (Patrimonio)
L’impôt sur la fortune (IP) existe en Espagne. Il s’applique à votre patrimoine net (ce que vous possédez moins vos dettes) au 31 décembre de chaque année. Si vous êtes résident, il porte sur votre patrimoine mondial. Si vous êtes non-résident, il ne concerne que vos biens situés en Espagne.
Il y a un abattement général de 700 000 €. Vous ne payez cet impôt que si votre patrimoine net dépasse ce montant. Attention, cet impôt dépend beaucoup des régions. Par exemple, la Communauté de Madrid l’a supprimé en pratique avec un abattement de 100%.
L’impôt sur les successions et les donations
En Espagne, c’est la personne qui reçoit un héritage ou une donation qui paie l’impôt (ISD). Il n’y a pas d’impôt payé par la succession elle-même comme en France.
C’est un impôt très complexe car il est géré par les communautés autonomes. Le montant à payer varie énormément selon :
- La région où vivait le défunt ou où se trouve le bien.
- Votre lien de parenté (les enfants paient beaucoup moins que les neveux ou les étrangers).
- Votre patrimoine existant.
Il est important de bien se renseigner, car les différences entre une région comme l’Andalousie (où les proches ne paient presque rien) et une autre peuvent être énormes.
L’impôt sur les plus-values (Ganancias de Capital)
Si vous vendez un bien et réalisez un bénéfice, vous payez un impôt sur cette plus-value. Cela concerne la vente d’un bien immobilier, d’actions, ou d’autres actifs. Pour les résidents fiscaux (via l’IRPF), le taux d’imposition est progressif :
- Jusqu’à 6 000 € de plus-value : 19%
- De 6 000 € à 50 000 € : 21%
- De 50 000 € à 200 000 € : 23%
- Au-delà de 200 000 € : 26%
Les impôts à l’achat d’un bien immobilier
Quand vous achetez une maison ou un appartement en Espagne, vous devez payer un impôt. Le type d’impôt dépend de la nature du bien :
- Pour un bien neuf (vendu par un promoteur) : vous payez la TVA (« IVA »), qui est de 10% en général.
- Pour un bien ancien (vendu par un particulier) : vous payez l’ITP (Impuesto de Transmisiones Patrimoniales). Son taux varie de 6% à 10% selon la région.
À cet impôt s’ajoutent d’autres frais comme les frais de notaire, d’enregistrement et l’impôt sur les actes juridiques documentés (AJD), surtout pour le neuf.
L’optimisation fiscale pour les expatriés : la Loi Beckham
Il existe un régime fiscal spécial pour les expatriés qui peut être très intéressant : la Loi Beckham. Ce n’est pas son nom officiel, mais tout le monde l’appelle comme ça.
Son principal avantage est simple : il vous permet, en tant que résident fiscal, d’être imposé comme un non-résident pendant votre première année d’installation et les cinq années suivantes (6 ans au total). Concrètement, vos revenus du travail sont imposés à un taux fixe de 24% jusqu’à 600 000 €, au lieu des tranches progressives de l’IRPF qui peuvent monter jusqu’à 47%.
Pour qui ? Ce régime est destiné aux travailleurs qui s’installent en Espagne pour un nouvel emploi. Il y a des conditions strictes pour en bénéficier.
Voici les principales conditions pour demander à bénéficier de la Loi Beckham :
- Vous ne devez pas avoir été résident fiscal en Espagne durant les 5 dernières années.
- Vous devez vous installer en Espagne pour un contrat de travail avec une entreprise espagnole.
- Vous devez faire la demande dans les 6 mois suivant votre arrivée.
Ce régime est surtout avantageux pour les salaires élevés. Pour un petit salaire, il peut même être moins intéressant que le régime général à cause de l’absence de certaines déductions.
FAQ – Questions fréquentes sur les impôts en Espagne
Voici les réponses aux questions les plus courantes que se posent les expatriés sur la fiscalité espagnole.
Dois-je faire une déclaration d’impôts en France et en Espagne ?
Non, vous n’allez pas payer deux fois l’impôt sur le même revenu. La France et l’Espagne ont signé une convention de non-double imposition. Si vous êtes résident fiscal en Espagne, vous déclarez vos revenus mondiaux en Espagne. Pour les revenus de source française (un loyer par exemple), vous obtiendrez un crédit d’impôt en Espagne correspondant à ce que vous avez déjà payé en France. Vous pouvez consulter la liste des conventions fiscales signées par l’Espagne sur le site officiel.
Quand faut-il faire sa déclaration d’impôts en Espagne ?
La campagne de déclaration de l’IRPF (la « Renta ») se déroule chaque année au printemps. En général, elle commence début avril et se termine fin juin. Vous déclarez les revenus de l’année précédente (par exemple, en 2026, vous déclarerez vos revenus de 2025).
Comment un retraité français est-il imposé en Espagne ?
Si vous êtes résident fiscal en Espagne, votre pension de retraite est en principe imposable en Espagne. Il y a une distinction importante :
- Retraites du secteur privé : Elles sont imposées en Espagne via l’IRPF.
- Retraites du secteur public (fonctionnaires) : Elles restent imposées en France, à la source. Vous n’avez pas à les déclarer en Espagne.
Où trouver de l’aide pour ma déclaration ?
Le système fiscal peut être complexe. Si vous avez besoin d’aide, vous pouvez vous tourner vers l’Agencia Tributaria, qui propose des rendez-vous. Sinon, beaucoup d’expatriés font appel à un « gestor » ou un « asesor fiscal ». C’est un conseiller administratif et fiscal qui peut préparer et soumettre votre déclaration pour vous. C’est souvent une bonne solution pour éviter les erreurs.



