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Clerna Avis : Fiable ou à Éviter ?

Clerna Avis : Fiable ou à Éviter ?

Obtenir un bilan sanguin complet en 24h, sans passer par son médecin traitant, l’idée est séduisante. Mais derrière la promesse de Clerna, les avis des utilisateurs sont très partagés et soulèvent de vraies questions. On va être direct avec vous : si le service est rapide, le risque de ne pas être remboursé par l’Assurance Maladie est très élevé. On vous explique en détail les coûts réels, les problèmes avec les laboratoires et si, malgré tout, ce service peut être une option pour vous.

Avis Clerna : L’essentiel à savoir avant de payer ⚠️

  • Fiabilité : C’est un service rapide, mais qui vous expose à un risque majeur de non-remboursement par la CPAM.
  • Ordonnance : Sa validité est incertaine, certains laboratoires français la refusent car le médecin n’est pas enregistré en France.
  • Légalité : Elle est douteuse. L’Assurance Maladie mène actuellement une enquête sur la conformité du site.
  • Utilité : Une option pour des analyses spécifiques si vous acceptez de payer l’intégralité des frais (consultation + analyses).

Qu’est-ce que Clerna et que promet le service ?

Sur le papier, le fonctionnement de Clerna est très simple. On vous promet un accès à des analyses de santé en quelques clics, en contournant le parcours de soin classique. La démarche se déroule en trois étapes :

  1. Vous remplissez un questionnaire en ligne détaillé sur vos symptômes ou vos besoins.
  2. Un « médecin partenaire de l’Union Européenne » analyse vos réponses et vous envoie une ordonnance sous 24 heures.
  3. Vous allez faire vos analyses dans le laboratoire de votre choix, puis vous recevez un compte-rendu pour comprendre vos résultats.

La grande promesse marketing de Clerna, c’est la simplicité, la rapidité, mais surtout la possibilité d’un remboursement intégral par l’Assurance Maladie et votre mutuelle. Avec un coût de départ attractif de 29€ pour obtenir l’ordonnance, beaucoup de personnes tentent l’expérience. Le problème, c’est que la réalité est souvent bien différente une fois la facture du laboratoire présentée à la CPAM.

Le problème N°1 : Le remboursement par la CPAM est-il une réalité ?

C’est le point qui fâche et la source de la majorité des avis négatifs sur Clerna. Malgré ce que le site peut laisser entendre, obtenir un remboursement pour les analyses prescrites est très compliqué, voire impossible dans la plupart des cas. On nous pose souvent la question, et la réponse est presque toujours la même : méfiez-vous.

Plusieurs raisons expliquent les refus systématiques de la part de l’Assurance Maladie :

  • L’origine de l’ordonnance : Les prescriptions sont émises par des médecins basés dans l’Union Européenne (la société mère est en Estonie), mais qui ne sont pas inscrits à l’Ordre des Médecins en France. Pour la Sécurité Sociale, cela complique énormément la prise en charge.
  • L’absence de téléconsultation valide : C’est l’argument juridique principal. Pour qu’un acte de télémédecine soit remboursé en France, l’article L.160-8 du code de la Sécurité sociale est très clair. Il impose une communication par vidéo ou au moins par téléphone entre le patient et le médecin. Un simple questionnaire écrit, comme celui de Clerna, ne remplit pas cette condition.

En clair, l’ordonnance que vous recevez n’est pas considérée comme issue d’un acte médical remboursable par le système de santé français. C’est un point technique, mais qui a des conséquences financières importantes pour vous.

Concrètement, ça vous coûte combien ?

Les retours d’utilisateurs sont alarmants. Vous payez d’abord les 29€ à Clerna. Ensuite, vous payez le laboratoire pour les analyses, qui peuvent coûter de 119€ à plus de 500€ selon les cas rapportés. Quelques semaines plus tard, vous recevez un courrier de refus de votre CPAM. Au final, vous avez perdu l’intégralité de la somme.

Autres signaux d’alerte : Ordonnance refusée et service client aux abonnés absents

Le non-remboursement n’est pas le seul problème. Même si vous êtes prêt à payer de votre poche, le parcours peut être semé d’embûches.

Le refus des laboratoires d’analyses

On a eu plusieurs retours d’utilisateurs qui se sont vu refuser l’ordonnance Clerna directement au guichet du laboratoire. La raison est simple : pour être valide en France, une prescription doit comporter certaines informations, notamment un numéro RPPS ou Adeli, qui identifie le médecin dans le registre français. Les ordonnances de Clerna n’en ont pas.

Certains laboratoires, plus méfiants ou plus stricts sur les règles, préfèrent donc refuser la prise en charge pour se couvrir. Vous vous retrouvez alors avec une ordonnance payée 29€, mais inutilisable.

Un service client à deux vitesses

C’est un autre point qui revient souvent dans les avis. Si quelques témoignages positifs mentionnent une certaine Alexandra comme étant très réactive, la tendance générale est bien différente. De nombreux utilisateurs rapportent un service client très efficace pour vendre la prestation, mais qui devient totalement silencieux dès qu’une demande d’aide pour un remboursement est formulée. Les mails restent sans réponse, et il n’y a pas de numéro de téléphone pour les joindre.

Enquête sur Clerna : Société en Estonie et enquête de l’Assurance Maladie

Pour bien comprendre les risques, il faut regarder qui se cache derrière Clerna. On ne parle pas d’un service médical classique, mais d’une start-up qui utilise les failles du système.

La société est enregistrée en Estonie, un pays connu pour son programme « e-Residency » qui permet de créer une entreprise en ligne très facilement. Les fondateurs, Jimmy Georges Roques et Maximilien Stuart Pardo, sont issus du marketing digital et se présentent eux-mêmes comme des « growth hackers », pas comme des professionnels de la santé. Leur objectif est de trouver des leviers de croissance rapide, et le secteur de la santé en ligne est une cible de choix.

Plusieurs éléments sur leur site ont d’ailleurs été jugés trompeurs :

  • L’utilisation de logos officiels (Ministère de la Santé, DGS, Union Européenne) pour inspirer confiance.
  • L’absence initiale de mentions légales claires ou de conditions générales de vente.

Le point le plus important est que la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (Cnam) a officiellement confirmé mener une enquête sur la légalité des pratiques de Clerna. Si le caractère illicite est avéré, le site pourrait être bloqué en France. C’est un signal très fort qui doit vous inciter à la plus grande prudence.

Finalement, pour qui Clerna peut-il être utile (malgré les risques) ?

On ne va pas se mentir, dans la grande majorité des cas, on vous déconseille d’utiliser Clerna. Cependant, il existe un profil très spécifique pour qui ce service peut représenter une option, à condition de bien en connaître les limites.

Clerna peut être une option pour :

  • Les personnes en errance de diagnostic qui n’arrivent pas à obtenir une prescription pour des analyses spécifiques de la part de leur médecin.
  • Celles qui ont un budget dédié à leur santé et qui acceptent de payer l’intégralité des frais (29€ + analyses) sans espérer de remboursement.

Clerna est à éviter absolument pour :

  • Les personnes qui comptent sur le remboursement de la Sécurité Sociale ou de leur mutuelle.
  • Celles qui ont un budget serré et ne peuvent pas se permettre de perdre plusieurs centaines d’euros.
  • Toutes les personnes qui cherchent un parcours de soin sécurisé et encadré par le système de santé français.

Verdict : Faut-il utiliser Clerna en 2025 ? Nos conseils pratiques

Notre verdict est clair. Clerna n’est pas une arnaque au sens où vous payez et ne recevez rien. Une ordonnance est bien délivrée. Cependant, son modèle économique repose sur une zone grise de la législation et sur une communication qui entretient le flou sur le remboursement. Le service vous expose à un risque financier quasi certain. On le considère donc comme un outil à utiliser en dernier recours et en toute connaissance de cause, mais certainement pas comme une alternative fiable au parcours de soin traditionnel.

Si, malgré tout, vous décidez de tenter l’expérience, on vous recommande de suivre ces quelques conseils de prudence.

Notre conseil 💡

Voici les points à vérifier avant de payer quoi que ce soit :

  • Appelez votre laboratoire AVANT : Demandez-leur explicitement s’ils acceptent une ordonnance d’un médecin européen sans numéro Adeli.
  • Prévoyez le budget total : Partez du principe que vous ne serez PAS remboursé. Le coût final est celui des 29€ + le prix total des analyses.
  • Gardez toutes les traces : Conservez une copie de tous vos échanges avec le service client de Clerna.
  • Comparez avec d’autres options : Des laboratoires comme Synlab proposent des bilans de prévention non remboursés de manière totalement transparente. Comparez leurs tarifs.
Julien

Julien

Juriste passionné, partageant expertise et analyses pour éclairer les professionnels du droit.