Vous cherchez des informations claires sur l’Académie des sciences morales et politiques ? Vous voulez savoir à quoi elle sert, qui en sont les membres et quelle est son histoire ? Vous êtes au bon endroit.
Cet article vous explique tout ce qu’il faut savoir sur cette institution. Vous y trouverez son rôle, ses missions, son organisation et la liste complète et à jour de ses 50 membres.
Qu’est-ce que l’Académie des Sciences Morales et Politiques ?
L’Académie des sciences morales et politiques (ASMP) est l’une des cinq académies qui composent l’Institut de France. Son but est d’étudier les questions liées à l’homme et à la société. C’est un lieu de réflexion où des experts de différents domaines partagent leurs connaissances.
Son champ d’étude est très large. Il couvre les sciences humaines et sociales, avec un objectif simple : apporter un avis raisonné sur les grands enjeux de société. L’Académie ne prend pas de décision politique, mais elle éclaire les débats publics grâce à ses travaux.
L’institution organise des communications et des débats sur des sujets d’actualité. Par exemple, elle peut se pencher sur des questions d’économie, de droit, d’éthique ou de relations internationales. Les conclusions de ces travaux sont souvent rendues publiques pour nourrir la réflexion collective.
Histoire de l’Académie : de 1795 à nos jours
L’histoire de l’Académie des sciences morales et politiques est mouvementée. Elle s’est déroulée en trois grandes étapes clés qui ont façonné son identité actuelle.
1. La création en 1795
L’Académie a été fondée le 25 octobre 1795 par la Convention, en même temps que l’Institut de France. À l’époque, elle s’appelait la « Classe des sciences morales et politiques ». Son but était de rassembler les penseurs de la Révolution pour réfléchir à la construction d’une nouvelle société.
2. La suppression en 1803
Cette première version n’a pas duré longtemps. En 1803, Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, décide de réorganiser l’Institut de France. Il se méfie de l’indépendance d’esprit des membres de la « Classe des sciences morales et politiques » et la supprime purement et simplement.
3. Le rétablissement en 1832
Il faut attendre presque 30 ans pour qu’elle renaisse. En 1832, l’historien et homme d’État François Guizot, alors ministre de l’Instruction publique, la rétablit. Il lui donne son nom actuel : Académie des sciences morales et politiques. Son objectif est de créer un lieu de débat serein pour accompagner les évolutions de la société française.
Rôle et Missions Fondamentales de l’Académie
Le rôle de l’Académie des sciences morales et politiques est multiple. Ses missions visent toutes à produire et diffuser des savoirs dans le domaine des sciences humaines pour éclairer la société.
Voici ses missions principales :
- Fédérer les savoirs : L’Académie rassemble des spécialistes de la philosophie, du droit, de l’économie, de l’histoire et de la sociologie pour créer des ponts entre ces disciplines.
- Organiser des débats : Chaque semaine, une séance publique est organisée où un académicien ou un invité présente une communication sur un sujet précis. Ces séances sont au cœur de la vie de l’institution.
- Publier des travaux : Les communications, les rapports et les actes de colloques sont publiés. Cela permet de diffuser les réflexions de l’Académie à un large public.
- Éclairer les pouvoirs publics : L’Académie peut être consultée par le gouvernement ou le Parlement sur des projets de loi ou des questions de société complexes. Elle fournit des analyses et des recommandations.
- Décerner des prix : Pour encourager la recherche, elle récompense chaque année des ouvrages et des thèses de grande qualité dans ses domaines de compétence.
L’Organisation en Six Sections
Pour couvrir l’ensemble des sciences humaines et sociales, l’Académie est composée de six sections. Chaque membre est élu au sein d’une de ces sections, en fonction de sa spécialité.
Cette structure permet d’assurer une représentation équilibrée des différents champs du savoir. Voici la liste des sections :
- Section I : Philosophie
Elle regroupe des penseurs qui travaillent sur la métaphysique, la morale, l’épistémologie et l’histoire de la philosophie. - Section II : Morale et sociologie
Cette section se consacre à l’étude des comportements humains, des faits sociaux, de l’éthique et des structures de la société. - Section III : Législation, droit public et jurisprudence
Elle réunit des juristes, des professeurs de droit et des hauts magistrats spécialisés en droit constitutionnel, administratif ou international. - Section IV : Économie politique, statistique et finances
Les membres de cette section sont des économistes, des experts de la finance ou des statisticiens qui analysent les mécanismes économiques. - Section V : Histoire et géographie
Elle est composée d’historiens et de géographes qui étudient le passé des sociétés et l’organisation de l’espace. - Section VI : Section générale
Anciennement « Membres libres », cette section accueille des personnalités dont les activités ne correspondent à aucune des autres sections. On y trouve souvent des diplomates, des hauts fonctionnaires ou des chefs d’entreprise.
Les 50 Membres Titulaires de l’Académie (Liste 2024-2025)
L’Académie est composée de 50 membres titulaires, aussi appelés académiciens. Chaque membre occupe un « fauteuil » numéroté, une tradition héritée de l’Académie française. Les membres sont élus par leurs pairs lorsqu’un fauteuil devient vacant suite à un décès.
En plus des 50 membres titulaires, l’Académie compte aussi 12 associés étrangers et 60 correspondants français ou étrangers. Voici la liste complète des 50 membres titulaires actuellement en exercice.
| Section | N° Fauteuil | Nom du Membre | Date d’élection |
|---|---|---|---|
| I – Philosophie | 1 | Chantal Delsol | 2007 |
| I – Philosophie | 2 | Jean-Luc Marion | 2008 |
| I – Philosophie | 3 | Pierre-André Taguieff | 2023 |
| I – Philosophie | 4 | Olivier Houdé | 2018 |
| I – Philosophie | 5 | Bernard Bourgeois | 2000 |
| I – Philosophie | 6 | Claudine Tiercelin | 2017 |
| I – Philosophie | 7 | Rémi Brague | 2009 |
| I – Philosophie | 8 | Daniel Andler | 2016 |
| II – Morale et sociologie | 1 | Mireille Delmas-Marty | 2007 |
| II – Morale et sociologie | 2 | Jean Baechler | 1999 |
| II – Morale et sociologie | 3 | Jean-David Lévitte | 2019 |
| II – Morale et sociologie | 4 | Pierre Brunel | 2015 |
| II – Morale et sociologie | 5 | Marianne Bastid-Bruguière | 2001 |
| II – Morale et sociologie | 6 | Jean-François Mattei | 2007 |
| II – Morale et sociologie | 7 | Haïm Korsia | 2014 |
| II – Morale et sociologie | 8 | Jean-Robert Pitte | 2008 |
| III – Législation, droit public et jurisprudence | 1 | Yves Gaudemet | 2003 |
| III – Législation, droit public et jurisprudence | 2 | Bruno Cotte | 2010 |
| III – Législation, droit public et jurisprudence | 3 | Jacques Toubon | 2019 |
| III – Législation, droit public et jurisprudence | 4 | Prosper Weil | 1999 |
| III – Législation, droit public et jurisprudence | 5 | André Vacheron | 2009 |
| III – Législation, droit public et jurisprudence | 6 | Gilbert Guillaume | 2007 |
| III – Législation, droit public et jurisprudence | 7 | Renaud Denoix de Saint Marc | 2004 |
| III – Législation, droit public et jurisprudence | 8 | François Terré | 1995 |
| IV – Économie politique, statistique et finances | 1 | Jean-Claude Casanova | 1996 |
| IV – Économie politique, statistique et finances | 2 | Michel Pébereau | 2007 |
| IV – Économie politique, statistique et finances | 3 | Jean-Marc Daniel | 2021 |
| IV – Économie politique, statistique et finances | 4 | Olivier Blanchard | 2023 |
| IV – Économie politique, statistique et finances | 5 | Jean Tirole | 2011 |
| IV – Économie politique, statistique et finances | 6 | Marcel Boiteux | 1992 |
| IV – Économie politique, statistique et finances | 7 | Yvon Gattaz | 1989 |
| IV – Économie politique, statistique et finances | 8 | Bertrand Collomb | 2001 |
| V – Histoire et géographie | 1 | Georges-Henri Soutou | 2008 |
| V – Histoire et géographie | 2 | Jean-Robert Pitte | 2008 |
| V – Histoire et géographie | 3 | François d’Orcival | 2008 |
| V – Histoire et géographie | 4 | Emmanuel de Waresquiel | 2024 |
| V – Histoire et géographie | 5 | Philippe Levillain | 2011 |
| V – Histoire et géographie | 6 | Claude Bébéar | 1997 |
| V – Histoire et géographie | 7 | Alain Duhamel | 2012 |
| V – Histoire et géographie | 8 | Lucien Bély | 2017 |
| VI – Section générale | 1 | Renaud Girard | 2024 |
| VI – Section générale | 2 | Thierry de Montbrial | 1992 |
| VI – Section générale | 3 | Dominique Senequier | 2023 |
| VI – Section générale | 4 | Pierre-Richard Prosper | 2024 |
| VI – Section générale | 5 | André Damien | 1994 |
| VI – Section générale | 6 | Gabriel de Broglie | 1997 |
| VI – Section générale | 7 | Bernard Arnault | 2024 |
| VI – Section générale | 8 | Jean-Claude Trichet | 2010 |
| VI – Section générale | 9 | Louis Vogel | 2019 |
| VI – Section générale | 10 | Michael Edwards | 2021 |
Personnalités Clés et Gouvernance
Le fonctionnement de l’Académie repose sur deux figures principales : le Secrétaire perpétuel et le Président. Leurs rôles sont distincts et complémentaires pour assurer la bonne marche de l’institution.
Le Secrétaire perpétuel
Le Secrétaire perpétuel est la figure stable de l’Académie. Il est élu à vie par ses pairs et est le garant de la continuité et de la mémoire de l’institution. Il gère l’administration, organise les travaux et représente l’Académie à l’extérieur.
Le Président
Le Président, lui, est élu pour une seule année. La présidence est tournante entre les différentes sections. Son rôle est de présider les séances hebdomadaires et de définir le programme des communications pour son année de mandat. Le Président incarne l’Académie pendant un an.
- Président pour l’année 2024 : Bruno Cotte
- Président pour l’année 2025 : Yves Gaudemet
- Président pour l’année 2026 : Jean-David Lévitte
Cette double gouvernance permet de combiner la stabilité, assurée par le Secrétaire perpétuel Bernard Stirn, et le renouvellement annuel des thèmes de travail, impulsé par le Président.
FAQ – Questions fréquentes sur l’Académie
Voici les réponses aux questions les plus courantes sur l’Académie des sciences morales et politiques.
Quel est le but de l’Académie des sciences morales et politiques ?
Son but est d’étudier les questions humaines et sociales de manière scientifique et pluridisciplinaire. Elle cherche à éclairer les débats de société par une réflexion approfondie, loin de l’immédiateté politique.
Qui sont les membres les plus connus ?
Au fil de son histoire, l’Académie a compté des membres très célèbres comme Tocqueville, Guizot, Bergson ou encore Léopold Sédar Senghor. Aujourd’hui, on y trouve des personnalités comme l’économiste Jean Tirole (prix Nobel), le journaliste Alain Duhamel ou encore l’homme d’affaires Bernard Arnault.
Comment sont élus les membres ?
Les membres sont élus par les académiciens eux-mêmes. Quand un fauteuil est vacant, les candidats déposent leur dossier. Les membres de la section concernée proposent un nom, puis l’ensemble de l’Académie vote à bulletin secret. Il faut obtenir la majorité absolue des voix pour être élu.
Peut-on assister aux séances de l’Académie ?
Oui, les séances hebdomadaires sont publiques et gratuites. Elles ont lieu chaque lundi après-midi (hors vacances scolaires) sous la Coupole de l’Institut de France, à Paris. C’est une occasion d’écouter des communications de haut niveau.
Où est située l’Académie ?
L’Académie des sciences morales et politiques siège au Palais de l’Institut de France, au 23 quai de Conti, dans le 6ème arrondissement de Paris. C’est un bâtiment historique situé en face du musée du Louvre. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site officiel de l’Académie des sciences morales et politiques.



