Les mensualités de votre plan de surendettement sont trop lourdes ? Vous craignez de ne plus pouvoir payer et de tout perdre ? Vous vous demandez ce qui va se passer si vous arrêtez de rembourser ?
Cette situation est stressante, mais ce n’est pas une fatalité. Il existe des solutions légales pour vous en sortir, mais il faut agir vite. Cet article vous explique clairement ce que vous risquez, les premières démarches à faire sans attendre, et les options concrètes pour réadapter votre plan ou effacer vos dettes.
Comprendre les risques : que se passe-t-il si vous arrêtez de payer ?
Arrêter de rembourser votre plan de surendettement n’est pas sans conséquences. Il faut bien comprendre ce qui peut arriver pour mesurer l’urgence d’agir. La première chose à savoir est que la protection que vous offrait le plan va s’arrêter.
Deux termes juridiques sont importants ici : la caducité et la déchéance. Même s’ils semblent compliqués, leur effet est simple et direct.
- La caducité du plan : Si vous ne payez plus, un créancier peut vous envoyer une mise en demeure. Si vous ne réglez pas la somme dans les 15 jours, le plan devient « caduc ». Concrètement, il est annulé.
- La déchéance du plan : C’est plus grave. Un juge peut prononcer la déchéance si vous êtes de mauvaise foi (par exemple, si vous avez caché des revenus ou organisé votre insolvabilité).
Dans les deux cas, le résultat est le même et il est brutal : c’est la fin de la protection. Les créanciers retrouvent le droit de vous poursuivre individuellement pour récupérer leur argent. Votre situation financière peut alors vite s’aggraver.
Une fois le plan de surendettement annulé, chaque créancier peut reprendre les procédures de recouvrement comme si le plan n’avait jamais existé. Cela inclut :
- Les saisies sur votre salaire ou votre compte bancaire.
- L’intervention d’huissiers de justice.
- Pour les propriétaires, le risque de saisie de votre logement.
L’Action Immédiate : Les 2 premières démarches à faire SANS ATTENDRE
Face à des difficultés de paiement, la pire erreur est de faire l’autruche. Vous devez immédiatement reprendre l’initiative. Deux actions sont prioritaires et prouveront votre bonne foi.
1. Contactez votre gestionnaire à la Banque de France
C’est votre priorité absolue. La commission de surendettement qui a validé votre plan a un secrétariat géré par la Banque de France. Votre dossier y est suivi par un gestionnaire. Appelez-le ou écrivez-lui tout de suite.
Expliquez clairement le changement de situation qui vous empêche de payer : perte d’emploi, maladie, séparation, augmentation imprévue des charges… Fournissez tous les justificatifs possibles (attestation Pôle emploi, certificat médical, etc.). Votre transparence est essentielle pour trouver une solution.
2. Prévenez vos créanciers
Même si la Banque de France est votre interlocuteur principal, informer vos créanciers est une bonne idée. Ça montre que vous ne cherchez pas à fuir vos responsabilités. Un simple courrier ou email expliquant vos difficultés peut parfois suffire pour obtenir un report d’échéance à l’amiable, le temps de trouver une solution durable.
N’attendez pas les lettres de relance. Soyez proactif. Cela peut éviter l’envoi d’une mise en demeure qui rendrait votre plan caduc.
Les 3 solutions légales pour sortir de l’impasse
Si vos difficultés sont durables, contacter la Banque de France ne suffira pas. Vous devez envisager une solution plus structurelle. La loi prévoit plusieurs procédures pour adapter votre situation. Voici les trois principales options.
| Solution | Pour qui ? | Objectif principal | Conséquences sur le patrimoine et les dettes |
|---|---|---|---|
| Redépôt de dossier | Personne ayant un changement de situation durable (baisse de revenus, nouvel enfant, etc.). | Adapter les mensualités à la nouvelle capacité de remboursement. | Le plan est modifié, les dettes sont rééchelonnées. Le patrimoine est préservé. |
| Rétablissement Personnel (PRP) | Personne en situation « irrémédiablement compromise » (aucune capacité de remboursement). | Effacer les dettes pour permettre un nouveau départ. | Avec liquidation : les biens sont vendus. Sans liquidation : pas de vente de biens. Les dettes non professionnelles sont effacées. |
| Vente à Réméré | Propriétaires souhaitant éviter la saisie de leur bien immobilier. | Obtenir des liquidités pour solder toutes les dettes d’un coup. | Vente temporaire du bien, vous restez occupant. Possibilité de racheter le bien plus tard. |
Solution 1 : Le redépôt d’un dossier de surendettement
C’est la solution la plus courante. Si votre situation financière a changé de manière significative et durable depuis la mise en place du plan, vous avez le droit de déposer un nouveau dossier auprès de la commission de surendettement.
Ce n’est pas un aveu d’échec, mais une procédure normale prévue par la loi. Le but est que la commission réévalue votre capacité de remboursement et propose de nouvelles mesures imposées, plus adaptées à vos revenus actuels.
- Quand le faire ? Dès que vous constatez un changement de situation important (perte d’emploi, baisse de revenus, maladie longue durée, naissance…).
- Comment faire ? Vous devez remplir le même formulaire de déclaration de surendettement que la première fois et joindre une lettre expliquant en détail les raisons de ce redépôt.
- Quel est l’effet ? Le dépôt de ce nouveau dossier suspend de nouveau les poursuites et les saisies, le temps que la commission étudie votre cas.
Solution 2 : La Procédure de Rétablissement Personnel (PRP)
Parfois, la situation est si dégradée qu’aucun remboursement, même minime, n’est envisageable. On parle alors de situation « irrémédiablement compromise ». Dans ce cas, la commission peut vous orienter vers une procédure de rétablissement personnel (PRP), qui vise à l’effacement total de vos dettes.
Il en existe deux types :
- Le PRP sans liquidation judiciaire : Si vous n’avez aucun patrimoine de valeur qui pourrait être vendu (pas de bien immobilier, pas de voiture de valeur, etc.), le juge peut prononcer l’effacement de vos dettes directement. C’est une procédure rapide.
- Le PRP avec liquidation judiciaire : Si vous possédez des biens (une maison, un appartement, une voiture…), un liquidateur est nommé pour les vendre. L’argent de la vente sert à rembourser une partie des créanciers. Les dettes qui ne peuvent pas être remboursées sont ensuite effacées.
Cette solution est radicale, mais elle permet de prendre un nouveau départ quand aucune autre issue n’est possible.
Solution 3 (spécifique aux propriétaires) : La Vente à Réméré
Si vous êtes propriétaire de votre logement, la plus grande peur est la saisie immobilière. La vente à réméré est une solution alternative qui permet de l’éviter. C’est une procédure peu connue mais très efficace pour les propriétaires en difficulté.
Le principe est le suivant :
- Vous vendez temporairement votre bien à un investisseur pour une somme qui couvre l’ensemble de vos dettes.
- Avec cet argent, vous soldez tous vos créanciers d’un coup. Votre plan de surendettement prend fin et vous êtes défiché du FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers).
- Vous restez dans votre logement en tant qu’occupant, en payant une indemnité mensuelle.
- Vous disposez d’une période (jusqu’à 5 ans) pour racheter votre bien, souvent en souscrivant un nouveau crédit immobilier une fois votre situation financière assainie.
Gérer son compte bancaire pendant la procédure
Pendant toute la durée de votre plan de surendettement, et surtout si vous rencontrez des difficultés, vous êtes inscrit au FICP. Cette inscription a des conséquences concrètes : vous ne pouvez plus souscrire de nouveau crédit et votre banque peut se montrer plus méfiante.
Il est crucial de conserver un compte bancaire actif pour recevoir vos revenus et payer vos charges courantes. Si votre banque menace de clôturer votre compte, sachez que vous bénéficiez du « droit au compte ». Vous pouvez saisir la Banque de France qui désignera d’office un établissement bancaire pour vous ouvrir un compte avec des services de base.
Pour mieux gérer votre budget, privilégiez des moyens de paiement qui évitent les découverts, comme une carte à autorisation systématique. De nombreuses banques en ligne proposent des offres adaptées aux personnes en situation financière fragile. Pour trouver un établissement qui accepte les personnes en difficulté, vous pouvez consulter un comparatif des banques en ligne adaptées.
Les erreurs à ne JAMAIS commettre
Dans la panique, on peut être tenté de prendre des décisions qui vont aggraver la situation. Voici les trois erreurs à éviter à tout prix.
- Erreur n°1 : Prendre un nouveau crédit pour rembourser le plan. C’est le piège classique de la spirale de l’endettement. Non seulement cela ne résout rien, mais en plus, cela pourrait être considéré comme une aggravation volontaire de votre endettement et vous être reproché par la commission (notion de « mauvaise foi »).
- Erreur n°2 : Ignorer les courriers et les appels. Ne pas ouvrir les lettres recommandées ou répondre aux créanciers est la pire des stratégies. La communication est la clé. Ignorer les relances bloque toute négociation et accélère les procédures de recouvrement.
- Erreur n°3 : Attendre que la situation soit critique. N’attendez pas d’avoir plusieurs mois de retard pour agir. Dès la première mensualité difficile, contactez la Banque de France. Plus vous agissez tôt, plus vous aurez d’options.
Questions Fréquentes (FAQ)
Le surendettement soulève beaucoup de questions angoissantes. Voici des réponses claires et directes aux interrogations les plus fréquentes.
Comment puis-je renégocier mon plan de surendettement ?
On ne « renégocie » pas directement son plan comme un contrat commercial. La seule façon de le modifier officiellement est de redéposer un dossier de surendettement auprès de la commission de la Banque de France. C’est cette procédure qui permet un réexamen complet de votre situation et la mise en place de nouvelles mesures.
Qui peut casser un plan de surendettement ?
Deux acteurs principaux peuvent mettre fin à un plan :
- Un créancier : En envoyant une mise en demeure restée sans paiement, il peut rendre le plan « caduc ».
- Un juge : Il peut prononcer la « déchéance » du plan en cas de mauvaise foi avérée de votre part.
Est-il possible d’être saisi malgré un dossier de surendettement ?
Tant que le plan de surendettement est en place et que vous le respectez, les saisies sont suspendues. Mais si le plan devient caduc ou si la déchéance est prononcée, cette protection tombe. Les créanciers peuvent alors reprendre les procédures de saisie sur vos comptes ou votre salaire.
Qui paye les dettes en cas de dossier de surendettement ?
C’est toujours vous, le débiteur, qui payez vos dettes. Le plan de surendettement ne fait que réorganiser les remboursements pour les rendre supportables. La seule exception est la procédure de rétablissement personnel, où un juge peut décider d’effacer les dettes que vous êtes incapable de rembourser.
Le redépôt de dossier suspend-il les saisies ?
Oui. Dès que votre nouveau dossier de surendettement est jugé recevable par la commission, les poursuites et les procédures de saisie engagées par les créanciers sont à nouveau suspendues, le temps que votre situation soit réexaminée.
L’effacement des dettes est-il automatique ?
Non, absolument pas. L’effacement des dettes n’intervient que dans le cadre d’une procédure de rétablissement personnel (PRP), et seulement si la commission et le juge estiment que votre situation est « irrémédiablement compromise ». Pour un plan de surendettement classique, l’objectif est de rembourser la totalité des dettes, mais sur une durée plus longue.
Ne pas pouvoir rembourser son plan de surendettement est une épreuve, mais ce n’est pas la fin du chemin. La loi a prévu des mécanismes pour faire face à un changement dans votre situation financière. Le plus important est de ne pas rester seul et de ne pas laisser la situation s’envenimer.
Pour résumer, voici les points clés à retenir :
- Communiquez : Prévenez immédiatement la Banque de France et vos créanciers de vos difficultés.
- Agissez : Si vos difficultés sont durables, n’hésitez pas à redéposer un dossier de surendettement.
- Explorez : Examinez toutes les options, y compris le rétablissement personnel ou la vente à réméré si vous êtes propriétaire.
Rappelez-vous : agir tôt est la meilleure stratégie. Des solutions existent pour vous permettre de repartir sur des bases saines. Un accompagnement par des professionnels peut vous aider à y voir plus clair et à choisir la procédure la plus adaptée à votre cas.



