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Journée de Solidarité : Comment ça Fonctionne pour les Salariés ?

Journée de Solidarité : Comment ça Fonctionne pour les Salariés ?

Vous entendez parler de la journée de solidarité mais vous ne savez pas vraiment ce que c’est ? Est-ce que vous devez travailler ce jour-là ? Et est-ce que vous serez payé ? Les règles semblent floues et changent souvent.

Cet article explique simplement tout ce qu’il faut savoir. Vous allez enfin comprendre comment fonctionne la journée de solidarité pour les salariés, qui doit la faire, comment la date est choisie et ce que ça change sur votre salaire.

Qu’est-ce que la Journée de Solidarité et qui est concerné ?

La journée de solidarité est une journée de travail supplémentaire, non rémunérée, demandée chaque année aux salariés. Elle a été mise en place en 2004. L’objectif est de financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.

Concrètement, vous travaillez une journée de plus dans l’année sans que cela augmente votre salaire mensuel. Pour un salarié à temps plein, cette journée correspond à 7 heures de travail. En contrepartie, votre employeur verse une contribution, la CSA (Contribution Solidarité Autonomie), qui représente 0,30 % de sa masse salariale.

Cette obligation est fixée par la loi, notamment par l’article L3133-7 du Code du travail. Presque tout le monde est concerné :

  • Les salariés du secteur privé (CDI, CDD, alternants)
  • Les agents de la fonction publique (fonctionnaires et contractuels)
  • Les travailleurs à temps partiel, mais avec une durée adaptée

Les travailleurs indépendants ne sont pas soumis à cette journée de travail supplémentaire. Les stagiaires non plus, car ils n’ont pas le statut de salarié.

Statut du salarié Durée de la journée Spécificités de rémunération
Salarié à temps plein (privé) 7 heures Non rémunérées, incluses dans le salaire mensuel
Salarié à temps partiel Durée proratisée selon le contrat Heures non payées, calculées au prorata
Salarié au forfait jours 1 journée de travail Journée supplémentaire incluse dans le forfait annuel
Agent de la fonction publique 7 heures Modalités fixées par l’administration (RTT supprimé, etc.)

Comment la date de la Journée de Solidarité est-elle fixée ?

Beaucoup de gens pensent encore que la journée de solidarité est fixée au lundi de Pentecôte. C’était le cas au début, mais ça a changé. Depuis 2008, le lundi de Pentecôte n’est plus la date par défaut. Ce jour est redevenu un jour férié comme les autres. Le lundi de Pentecôte 2026 est fixé au lundi 25 mai 2026.

Aujourd’hui, la date est déterminée dans un ordre précis. La priorité est donnée à la négociation dans l’entreprise.

Voici comment la date est choisie :

  1. Par un accord d’entreprise ou d’établissement. C’est la solution la plus courante.
  2. S’il n’y a pas d’accord d’entreprise, par un accord de branche.
  3. En l’absence d’accord, c’est l’employeur qui décide de la date, après avoir consulté le Comité Social et Économique (CSE).

L’employeur a plusieurs options pour organiser cette journée. Il n’est pas obligé de faire travailler tout le monde le même jour. Il existe toute modalité permettant le travail de 7 heures non payées.

  • Faire travailler un jour férié qui était habituellement chômé dans l’entreprise (sauf le 1er mai). Le lundi de Pentecôte est souvent choisi pour cette raison.
  • Supprimer un jour de RTT (Réduction du Temps de Travail).
  • Fractionner les 7 heures sur plusieurs jours ou semaines. Par exemple, travailler une heure de plus chaque semaine pendant 7 semaines.
  • Faire travailler un jour où l’entreprise est normalement fermée, comme un samedi (si la convention collective le permet).

Rémunération et heures supplémentaires : est-on payé ?

La règle est simple : les 7 heures de travail effectuées pour la journée de solidarité ne sont pas rémunérées. Si vous êtes payé au mois, votre salaire ne changera pas. Vous ne verrez pas de ligne en moins sur votre fiche de paie, mais vous aurez bien travaillé une journée de plus pour le même salaire.

Cette journée de travail supplémentaire est déjà incluse dans votre rémunération annuelle. En revanche, la journée de solidarité doit apparaître sur le bulletin de paie pour prouver qu’elle a bien été effectuée.

Attention : Si vous travaillez plus de 7 heures ce jour-là (ou plus que la durée proratisée si vous êtes à temps partiel), les heures en plus doivent être payées. Elles sont considérées comme des heures supplémentaires et donnent droit à une majoration de salaire, comme d’habitude.

Pour les salariés qui ne sont pas mensualisés, comme les intérimaires ou certains saisonniers, les heures effectuées durant cette journée sont payées normalement. L’obligation de non-rémunération ne s’applique qu’aux salariés mensualisés.

Cas particuliers et questions fréquentes

Les règles de base sont claires, mais plusieurs situations spécifiques méritent d’être précisées. Voici les cas les plus courants.

Salariés à temps partiel

Si vous travaillez à temps partiel, vous n’avez pas à faire 7 heures. La durée de votre journée de solidarité est calculée au prorata de votre temps de travail habituel. Le calcul est basé sur la durée prévue dans votre contrat de travail.

💡 Exemple de calcul pour un salarié à temps partiel :
Un salarié à temps plein travaille 35 heures par semaine. S’il est à mi-temps (17,5 heures/semaine), sa journée de solidarité sera de 3,5 heures (7 heures / 2). Pour un contrat de 28 heures/semaine, le calcul est : (7 heures x 28) / 35 = 5,6 heures, soit 5 heures et 36 minutes.

Changement d’employeur en cours d’année

C’est une question très fréquente. Si vous changez d’entreprise, vous n’avez pas à faire deux journées de solidarité dans la même année. Plusieurs cas de figure existent :

  • Vous avez déjà fait votre journée de solidarité chez votre ancien employeur : vous pouvez refuser de la faire chez le nouveau. Vous devrez fournir une preuve (fiche de paie). Si vous acceptez de la refaire, les heures effectuées doivent être payées comme des heures supplémentaires.
  • Vous n’avez pas encore fait votre journée : vous devrez l’effectuer chez votre nouvel employeur, selon les modalités fixées par l’entreprise.

Salariés mineurs (-18 ans)

Les jeunes de moins de 18 ans sont concernés par la journée de solidarité. Cependant, ils bénéficient de protections spécifiques. Ils ne peuvent pas travailler un jour férié. Si l’employeur choisit un jour férié pour la journée de solidarité, les salariés mineurs en sont dispensés.

Peut-on poser un jour de congé ou de RTT ?

Oui, vous pouvez demander à poser un jour de congé payé, un RTT ou un jour de congé sans solde à la place de la journée de solidarité. Mais cela nécessite l’accord de votre employeur. L’employeur, de son côté, ne peut pas vous imposer de poser un jour de congé payé. Il peut par contre imposer de supprimer un jour de RTT si un accord collectif le prévoit.

Peut-on refuser de travailler le jour de la Journée de Solidarité ?

Non, un salarié à temps plein ne peut pas refuser de faire la journée de solidarité. Elle est obligatoire. Un refus de votre part est considéré comme une absence injustifiée. Cela peut entraîner une sanction disciplinaire.

Les conséquences peuvent être :

  • Une retenue sur salaire pour les heures non travaillées.
  • Un avertissement ou une autre sanction pouvant aller jusqu’au licenciement en cas de refus répété ou de faute grave.

Il existe des exceptions pour les salariés à temps partiel. Ils peuvent refuser si la date fixée par l’employeur n’est pas compatible avec des obligations familiales importantes, le suivi d’études ou une autre activité professionnelle chez un autre employeur.

FAQ – Journée de Solidarité

La journée de solidarité est-elle obligatoire pour un CDD ou un intérimaire ?

Oui, les salariés en CDD et les intérimaires sont concernés comme les autres salariés. La durée du travail est calculée au prorata de la durée de leur contrat et de leur temps de travail.

Que se passe-t-il si la journée de solidarité tombe pendant un arrêt maladie ou un congé maternité ?

Si vous êtes en arrêt maladie, en accident du travail, ou en congé maternité/paternité le jour fixé, vous n’avez pas à effectuer cette journée. L’employeur ne peut pas vous demander de la rattraper plus tard.

Comment la journée de solidarité apparaît-elle sur la fiche de paie ?

L’employeur doit mentionner que la journée de solidarité a été effectuée. Souvent, une ligne « Journée de solidarité travaillée » apparaît. Cela prouve que vous avez rempli votre obligation, ce qui est utile si vous changez d’employeur dans l’année.

L’employeur peut-il faire travailler les salariés un dimanche ?

En principe, non. Le travail le dimanche est très encadré par la loi et ne peut être imposé que dans certains secteurs et sous des conditions strictes. La journée de solidarité ne permet pas de déroger aux règles sur le repos dominical.

Les stagiaires sont-ils concernés par la journée de solidarité ?

Non, les stagiaires ne sont pas liés par un contrat de travail. Ils n’ont donc pas l’obligation d’effectuer la journée de solidarité.

Julien

Julien

Un passionné, partageant expertise et analyses pour éclairer les professionnels du droit.