Le nécessaire renforcement de la protection des victimes de violences conjugales par Céline Marcovisi

Présentation de votre parcours et de votre association

J’ai toujours eu une appétence pour le droit des personnes, le droit pénal et le droit de la famille. J’ai eu un master 2 « personnes et droit à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne ». 

L’association « avocats femmes et violences » dont je suis la présidente a été créée en 1997. Notre association combat toutes les formes de violences dont les femmes peuvent être victimes. Le but de notre association est de sensibiliser les magistrats et de faire évoluer la jurisprudence. 

Intervention sur YouTube :

Sensibiliser les collégiens/lycéens aux enjeux de l’égalité fille-garçon est-elle la solution pour prévenir et éradiquer les violences conjugales ?

C’est un souhait qui a été prononcé lors d’une réunion de notre association. Nous devons nous intéresser aux plus jeunes de l’école primaire à l’université. C’est un moyen d’action que nous envisageons à l’avenir.

Existe-t-il selon vous d’autres solutions à apporter ?

Oui, nous devons penser à proposer une formation pluridisciplinaire pour les officiers de police 👮‍♀️ judiciaire avec un membre du parquet, un magistrat du siège et un psychologue 👨‍⚕️ Une formation à destination des futurs magistrats dès l’ENM est nécessaire. 

Pensez-vous que les dispositifs actuels sont suffisamment efficaces pour accompagner les victimes ou faut-il les renforcer ?

Je pense que nos dispositifs sont efficaces. Cependant, leur efficacité laisse à désirer par rapport à la mise en œuvre très lente et pas assez fréquente. Par exemple le téléphone 📞 grand danger mis en place en 2014 a été mis en place mais reste malheureusement au placard. Un autre exemple : le bracelet anti rapprochement est un dispositif envisageable mais qu’on ne prend pas le temps de l’exposer assez afin d’y recourir. 

Au niveau procédural, les victimes ne sont pas assez épaulées par notre société avec les OPJ qui refusent parfois de prendre les plaintes des victimes, les magistrats qui tardent à statuer sur des cas similaires et la lenteur des démarches juridiques. 

C’est assez alarmant puisqu’il s’agit de la vie des femmes et les statistiques ne reflètent pas réellement le chiffre de toutes les victimes de violences. Soit par peur de commencer les démarches, soit par le refus des OPJ de les recevoir pour une plainte ou par la lenteur des procédures qui les exposent au danger ⛔à court ou long terme.

Céline Marcovici (avocate)

Publié par Juristes D'avenir

Association

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