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Départ Retraite Prime : Quel Montant allez-vous Toucher ?

Départ Retraite Prime : Quel Montant allez-vous Toucher ?

Vous préparez votre départ en retraite ? Vous vous demandez si vous avez droit à une prime et, surtout, quel montant vous allez toucher ? La réponse n’est pas la même si vous décidez de partir ou si c’est votre employeur qui vous met à la retraite.

Cet article vous explique tout simplement les règles de calcul et d’imposition. Vous y trouverez un tableau clair pour comprendre tout de suite le montant de votre indemnité de départ en retraite et les conditions pour la recevoir.

Prime de départ en retraite : le résumé complet (2025-2026)

Pour y voir clair dès le début, voici un résumé des deux situations possibles. Les montants indiqués sont les minimums prévus par la loi. Votre convention collective peut prévoir des conditions plus avantageuses.

Type de départ Conditions principales Montant minimum légal de la prime Régime fiscal & social (simplifié)
Départ volontaire du salarié Avoir au moins 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise.
  • ½ mois de salaire (10-15 ans)
  • 1 mois de salaire (15-20 ans)
  • 1,5 mois de salaire (20-30 ans)
  • 2 mois de salaire (+30 ans)
Imposable sur le revenu et soumise aux cotisations sociales (CSG/CRDS).
Mise à la retraite par l’employeur L’employeur peut le proposer à partir de 67 ans (avec votre accord) et l’imposer à partir de 70 ans.
  • ¼ de mois de salaire par année (10 premières années)
  • ⅓ de mois de salaire par année (dès la 11e année)
Exonérée d’impôt et de cotisations sous certains plafonds (souvent plus avantageux).

Comprendre le calcul : qu’est-ce que le salaire de référence ?

Le « mois de salaire » mentionné dans le tableau est ce qu’on appelle le salaire de référence. C’est la base de calcul de votre indemnité de fin de carrière. Pour le déterminer, on compare deux méthodes et on garde celle qui vous arrange le plus.

Les deux calculs possibles sont :

  • La moyenne de votre salaire brut sur les 12 derniers mois qui précèdent votre départ.
  • Le tiers de votre salaire brut sur les 3 derniers mois. Si vous avez reçu des primes, elles sont prises en compte au prorata.

Le droit du travail est clair : c’est toujours le calcul le plus avantageux pour vous qui doit être retenu par l’employeur pour fixer le montant de l’indemnité. Ce salaire de référence est la base pour toute la suite.

Cas 1 : Le départ volontaire à la retraite

C’est le cas le plus courant : vous avez atteint l’âge légal et vous décidez de quitter votre entreprise pour prendre votre retraite. Dans cette situation, les conditions pour toucher une indemnité sont strictes.

Quelles sont les conditions pour en bénéficier ?

La règle est simple mais importante. Pour avoir droit à la prime de départ en retraite, vous devez avoir au minimum 10 ans d’ancienneté dans la même entreprise. Si vous avez moins de 10 ans d’ancienneté, la loi ne prévoit aucune indemnité de départ, sauf si votre convention collective en dispose autrement.

Quel est le montant de l’indemnité légale ?

Le montant de la prime dépend directement de votre ancienneté dans l’entreprise. C’est un système de paliers progressifs. Voici le calcul légal minimum :

  • Entre 10 et 14 ans d’ancienneté : ½ mois de salaire de référence.
  • Entre 15 et 19 ans d’ancienneté : 1 mois de salaire de référence.
  • Entre 20 et 29 ans d’ancienneté : 1,5 mois de salaire de référence.
  • 30 ans d’ancienneté et plus : 2 mois de salaire de référence.

Encore une fois, vérifiez votre convention collective. Elle peut prévoir un calcul plus généreux que celui de la loi. L’employeur doit appliquer le montant le plus élevé des deux.

Fiscalité : la prime est-elle imposable ?

C’est le point faible du départ volontaire. La réponse est simple : oui, cette prime est entièrement imposable. Elle doit être déclarée comme un salaire sur votre déclaration d’impôt sur le revenu.

De plus, elle est soumise aux cotisations sociales, à la CSG et à la CRDS, comme votre salaire habituel. La seule exception concerne un départ dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), où elle peut être exonérée.

Cas 2 : La mise à la retraite par l’employeur

Ici, ce n’est pas vous qui prenez l’initiative, mais votre employeur. Cette situation est plus encadrée par la loi et souvent plus avantageuse financièrement, notamment au niveau de l’impôt.

Dans quelles conditions l’employeur peut-il vous mettre à la retraite ?

Un employeur ne peut pas vous mettre à la retraite de force avant un certain âge. Voici les règles :

  • Entre 67 et 69 ans : il peut vous le proposer, mais il a besoin de votre accord écrit. Si vous refusez, vous pouvez continuer à travailler.
  • À partir de 70 ans : votre employeur a le droit de vous mettre à la retraite d’office, même sans votre accord. Il doit respecter un préavis.

Si ces conditions ne sont pas respectées, la rupture du contrat de travail est considérée comme un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Comment est calculée l’indemnité ?

Le calcul de l’indemnité de mise à la retraite est identique à celui de l’indemnité légale de licenciement. C’est généralement plus intéressant que pour un départ volontaire.

  • ¼ de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années.
  • ⅓ de mois de salaire par année d’ancienneté à partir de la 11ème année.
Exemple de calcul : Une personne avec 22 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 3 000 €.
– Pour les 10 premières années : 10 x (3 000 / 4) = 7 500 €
– Pour les 12 années suivantes : 12 x (3 000 / 3) = 12 000 €
Le montant total de son indemnité sera de 19 500 €.

Un régime fiscal beaucoup plus avantageux

C’est le gros avantage de la mise à la retraite. Contrairement au départ volontaire, l’indemnité perçue est en partie exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales.

L’exonération d’impôt s’applique dans la limite du montant le plus élevé parmi ces trois options :

  • Le montant de l’indemnité prévu par la convention collective.
  • 50 % du montant total de l’indemnité perçue.
  • Deux fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit environ 94 200 € en 2025.

Pour les cotisations sociales, l’exonération est plafonnée à deux fois le PASS. La part de l’indemnité qui dépasse ce seuil est soumise à cotisations, CSG et CRDS. Le montant perçu est donc souvent bien plus important au final.

Estimez votre prime avec un simulateur officiel

Les calculs légaux donnent une base, mais le montant final de votre prime dépend de votre situation précise et, surtout, de votre convention collective ou d’un accord d’entreprise. Ces textes prévoient souvent des montants plus favorables que la loi.

Pour obtenir une estimation précise et fiable, le mieux est d’utiliser le simulateur officiel du Code du Travail numérique. Il prend en compte toutes les variables pour vous donner le montant exact auquel vous avez droit.

➡️ Utiliser le simulateur d’indemnité de départ à la retraite

FAQ – Prime de départ en retraite

La prime de départ en retraite est-elle versée automatiquement ?

Non. C’est au salarié de faire la demande de son départ à la retraite et de son indemnité. L’employeur n’est pas tenu de le faire à votre place. Vérifiez les procédures internes à votre entreprise.

Quand la prime est-elle payée ?

L’indemnité de fin de carrière est versée au moment de la rupture de votre contrat de travail, avec votre dernière paie. Elle doit figurer sur votre solde de tout compte.

Que faire si ma convention collective prévoit un montant différent ?

La règle est simple : c’est toujours le montant le plus favorable au salarié qui s’applique. Si votre convention collective propose une indemnité supérieure à l’indemnité légale, votre employeur doit vous verser le montant le plus élevé.

Peut-on toucher la prime en cas de retraite progressive ?

Non. La prime de départ en retraite n’est due qu’en cas de rupture définitive du contrat de travail. La retraite progressive est un aménagement du temps de travail, pas une fin de contrat. Vous toucherez l’indemnité lorsque vous quitterez définitivement l’entreprise.

Julien

Julien

Un passionné, partageant expertise et analyses pour éclairer les professionnels du droit.